Il n'existe pas de plante ni de complément qui « booste » la testostérone de façon démontrée. Ce qui compte le plus, d'après les études, ce sont des habitudes de vie : dormir suffisamment et garder un poids adapté. Côté nutriments, une seule allégation est autorisée en Europe : le zinc contribue au maintien d'un taux normal de testostérone dans le sang.
La testostérone baisse doucement avec l'âge, et un vrai manque ne se devine pas : il se confirme par une prise de sang, avec votre médecin. Voici ce que l'on sait, sans promesse, et les signes qui doivent amener à consulter.
La testostérone baisse-t-elle avec l'âge ?
Oui, mais lentement. Chez l'homme, le vieillissement normal s'accompagne d'une baisse de la testostérone de 1 à 2 % par an environ. Cette diminution progressive ne signifie pas, à elle seule, qu'il existe un manque : seul un dosage permet de le dire.
La testostérone est la principale hormone masculine. Elle intervient dans les caractères sexuels masculins, dans le désir sexuel et dans la vigueur physique. C'est pourquoi une baisse importante peut se ressentir au quotidien, et pourquoi elle suscite autant de promesses commerciales.
Quels signes peuvent faire penser à un manque ?
Les signes les plus liés à un taux bas sont d'ordre sexuel. Une grande étude européenne, publiée en 2010, a interrogé 3 369 hommes de 40 à 79 ans et mesuré leur testostérone le matin. Trois signes étaient les plus nettement associés à un taux bas.
- Une baisse du désir sexuel ;
- des érections matinales moins fréquentes ;
- des difficultés d'érection.
La fatigue et la difficulté à fournir un effort intense étaient aussi liées au taux de testostérone, mais de façon moins spécifique : ces signes ont bien d'autres causes possibles. Selon les chercheurs, c'est la présence d'au moins trois signes sexuels, associée à un taux mesuré bas, qui permet de parler de manque lié à l'âge.
Si vous vous reconnaissez dans ces signes, parlez-en à votre médecin. Ils peuvent aussi révéler un autre problème de santé qui mérite d'être recherché.
Comment savoir si l'on manque vraiment de testostérone ?
Par une prise de sang prescrite par un médecin, jamais par un questionnaire seul. Les recommandations de la Société américaine d'endocrinologie, publiées en 2018, demandent de réunir des signes évocateurs et un taux clairement et durablement bas avant de poser ce diagnostic.
- Le dosage se fait le matin, à jeun.
- Il doit être répété pour confirmer un résultat bas.
- En cas de manque confirmé, le médecin recherche la cause avant de discuter d'un éventuel traitement.
Un traitement hormonal relève uniquement d'une prescription médicale, après discussion des bénéfices et des risques. Les mêmes recommandations le déconseillent notamment aux hommes qui ont un projet de paternité à court terme.
Sommeil et poids : quelles habitudes comptent le plus ?
Deux habitudes ressortent nettement des études : le sommeil et le poids. Dans une étude américaine de 2011, une semaine de nuits raccourcies à cinq heures a suffi à faire baisser la testostérone de jeunes hommes en bonne santé, pendant la journée, de 10 à 15 %.
L'étude portait sur dix hommes de 24 ans en moyenne, ce qui est peu. Les auteurs comparent pourtant cette baisse, obtenue en une seule semaine, à celle du vieillissement normal, de 1 à 2 % par an. Préserver ses nuits est donc un geste simple et utile.
Le poids joue aussi. En 2013, une revue de 24 études a montré que la perte de poids, par un régime hypocalorique ou par une intervention chirurgicale, s'accompagnait d'une hausse de la testostérone chez les hommes en fort surpoids. Plus la perte de poids était importante, plus la hausse l'était.
- Dormir suffisamment, avec des horaires réguliers.
- Garder un poids adapté grâce à une alimentation équilibrée et à une activité physique régulière, avec l'aide de votre médecin si besoin.
Zinc, tribulus : que peut-on attendre des compléments ?
Peu de chose, et il faut distinguer les nutriments des plantes. Le zinc est le seul à disposer d'une allégation autorisée en Europe sur ce sujet : « le zinc contribue au maintien d'un taux normal de testostérone dans le sang ». Aucune plante ne peut revendiquer un tel effet.
Cette allégation signifie que le zinc participe au fonctionnement normal de l'organisme. Elle ne veut pas dire qu'en prendre plus fait monter la testostérone au-delà de la normale.
Le zinc ne doit pas être pris sans mesure. L'Autorité européenne de sécurité des aliments fixe à 25 mg par jour la quantité maximale à ne pas dépasser chez l'adulte, en additionnant l'alimentation et les compléments. Ne cumulez donc pas plusieurs produits qui en contiennent.
Le tribulus, souvent vendu pour la testostérone, n'a pas montré d'effet dans une étude qui l'a mesuré directement. En 2005, en Bulgarie, 21 jeunes hommes ont pris un extrait de tribulus ou un placebo pendant quatre semaines : les taux de testostérone ne différaient pas entre les groupes. Aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe pour cette plante.
Quelles précautions prendre ?
Avant de prendre un complément pour la testostérone, mieux vaut comprendre ce que l'on cherche à corriger. Les signes attribués à un manque sont fréquents et peuvent avoir d'autres causes, parfois sérieuses, qu'un complément risquerait de faire passer inaperçues. Quelques repères de prudence :
- Consultez votre médecin en cas de baisse du désir, de difficultés d'érection ou de fatigue qui dure.
- Traitement en cours, maladie chronique : demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant tout complément.
- Méfiez-vous des promesses de produits qui « boostent » la testostérone : aucune plante n'est autorisée à le revendiquer en Europe.
- Respectez la dose indiquée et ne cumulez pas plusieurs compléments contenant du zinc.
FAQ
Comment augmenter sa testostérone naturellement ?
Aucune méthode ne l'augmente de façon garantie. Les études montrent surtout l'importance de dormir suffisamment et de garder un poids adapté. Un vrai manque doit être confirmé par une prise de sang.
Le zinc augmente-t-il la testostérone ?
En Europe, on peut seulement dire que le zinc contribue au maintien d'un taux normal de testostérone dans le sang. Cela ne signifie pas qu'une prise supplémentaire la fait monter au-delà de la normale.
Le tribulus fait-il monter la testostérone ?
Dans une étude de 2005 menée chez 21 jeunes hommes, un extrait de tribulus n'a pas modifié le taux de testostérone par rapport à un placebo. Aucune allégation de santé n'est autorisée pour cette plante.
Quand faire doser sa testostérone ?
Quand plusieurs signes évocateurs sont présents, en particulier une baisse du désir et des érections, c'est à votre médecin de décider. Le dosage se fait le matin, à jeun, et doit être répété.
Sources
- Wu F. C. et al., « Identification of late-onset hypogonadism in middle-aged and elderly men », New England Journal of Medicine, 2010, 363(2), p. 123-135.
- Bhasin S. et al., « Testosterone Therapy in Men With Hypogonadism: An Endocrine Society Clinical Practice Guideline », Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism, 2018, 103(5), p. 1715-1744.
- Leproult R., Van Cauter E., « Effect of 1 week of sleep restriction on testosterone levels in young healthy men », JAMA, 2011, 305(21), p. 2173-2174.
- Corona G. et al., « Body weight loss reverts obesity-associated hypogonadotropic hypogonadism: a systematic review and meta-analysis », European Journal of Endocrinology, 2013, 168(6), p. 829-843.
- Neychev V. K., Mitev V. I., « The aphrodisiac herb Tribulus terrestris does not influence the androgen production in young men », Journal of Ethnopharmacology, 2005, 101(1-3), p. 319-323.
- Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), « Overview on Tolerable Upper Intake Levels as derived by the Scientific Committee on Food and the NDA Panel », tableau de synthèse.
- Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.