Les plantes et les produits naturels n'« optimisent » pas un soin de médecine esthétique. Après un peeling, un laser ou une injection, ce qui compte avant tout, ce sont les consignes du médecin : crème hydratante ou cicatrisante, protection solaire stricte, et surveillance des réactions de la peau.

« Naturel » ne veut pas dire « sans risque » sur une peau fragilisée : certaines huiles essentielles sont irritantes ou allergisantes. Voici ce qu'il faut savoir pour choisir un soin en sécurité, bien accompagner la peau ensuite, et reconnaître les signes qui doivent faire consulter.

Qui peut pratiquer un soin de médecine esthétique ?

Un médecin, et personne d'autre, pour les actes les plus courants. L'ANSM rappelle que seuls les médecins sont autorisés à réaliser des injections d'acide hyaluronique à visée esthétique. De même, la législation française interdit à un non-médecin d'utiliser un laser ou une lampe à lumière pulsée.

En 2022, l'ANSM a reçu une quarantaine de déclarations d'effets indésirables après des injections réalisées par des personnes non autorisées : infections graves, nécroses de la peau. Le plus souvent, les règles d'hygiène n'avaient pas été respectées ou l'injection était mal faite.

Avant tout soin, le médecin doit vous interroger sur vos antécédents, vous informer des effets et des risques, et vous remettre un devis. La Société française de dermatologie met aussi en garde contre les centres laser ou esthétiques qui ne sont pas médicaux.

À quoi s'attendre après un peeling ou un laser ?

Des rougeurs, parfois un léger gonflement, sont habituels. Après un peeling superficiel, la Société française de dermatologie décrit des picotements les premières heures, puis une rougeur et une peau qui pèle un peu. Après certains lasers, la rougeur peut durer plusieurs jours.

Ces suites sont en général passagères. La plupart des soins laser permettent de reprendre ses activités dès la séance terminée, et un peeling superficiel ne demande pas d'éviction sociale. Les lasers dits ablatifs, eux, entraînent des croûtes pendant une à deux semaines et des rougeurs parfois durables.

Comment prendre soin de sa peau ensuite ?

Suivez d'abord la fiche remise par votre médecin. Les dermatologues recommandent en général des crèmes hydratantes ou cicatrisantes en attendant que la rougeur et la desquamation disparaissent, et une protection solaire rigoureuse, car la peau traitée réagit au soleil par des taches.

  • appliquez une crème solaire d'indice SPF 50+ : pour un peeling superficiel, la Société française de dermatologie la juge indispensable pour obtenir un bon résultat ;
  • évitez de vous exposer au soleil après un laser, pour limiter les troubles de la pigmentation ;
  • après un peeling, ne reprenez le traitement prescrit à la maison qu'une fois la rougeur et la desquamation disparues.

Avant un peeling, la même fiche conseille d'éviter pendant une semaine l'épilation à la cire, le gommage et le grattage de la zone à traiter.

Huiles essentielles et produits « naturels » : quelles précautions ?

Sur une peau fragilisée, la prudence est de mise. L'Anses rappelle que les huiles essentielles contiennent des substances qui peuvent être toxiques, et que certaines sont classées irritantes ou sensibilisantes pour la peau. Avant tout usage, elle recommande de demander conseil à un professionnel de santé.

  • n'appliquez pas d'huile essentielle sur une peau qui vient d'être traitée sans l'accord de votre médecin ;
  • testez tout nouveau produit sur une petite zone, car l'allergie de contact fait partie des complications possibles d'un peeling ;
  • pendant la grossesse et l'allaitement, un peeling est contre-indiqué, et l'usage des huiles essentielles est déconseillé ;
  • préférez des produits simples, dont vous connaissez la composition.

Et l'alimentation, pour la peau ?

Aucun aliment ni complément ne remplace les soins et la protection solaire. En revanche, certains nutriments ont un rôle reconnu. La vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale de la peau : c'est une allégation de santé autorisée en Europe.

On la trouve dans les fruits et légumes frais. Une alimentation variée et équilibrée reste la base. Si vous suivez un traitement, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant de prendre un complément.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Ne laissez pas traîner une réaction inhabituelle. Recontactez sans attendre le médecin qui a réalisé le soin si une douleur, une rougeur ou un gonflement s'aggravent au lieu de diminuer, si la peau change d'aspect, si des signes d'infection apparaissent, ou en cas de trouble de la vue après une injection.

L'ANSM signale parmi les risques des injections mal réalisées l'infection, la nécrose de la peau si le produit est injecté dans un vaisseau, et même la perte de la vue. Les effets indésirables peuvent être déclarés sur le portail national de signalement des événements sanitaires indésirables.

FAQ

Une esthéticienne peut-elle faire des injections d'acide hyaluronique ?

Non. En France, seuls les médecins sont autorisés à réaliser des injections d'acide hyaluronique à visée esthétique. Les pratiques réalisées par des non-médecins sont interdites et dangereuses.

Peut-on s'exposer au soleil après un peeling ?

Il faut une protection solaire assidue, avec une crème d'indice SPF 50+. La peau traitée est plus sensible et risque de faire des taches.

Peut-on mettre de l'huile essentielle après un laser ?

Pas sans l'accord de votre médecin. Certaines huiles essentielles sont irritantes ou allergisantes, et la peau traitée est fragile.

Un complément peut-il remplacer un soin esthétique ?

Non. Seule la vitamine C, parmi les nutriments cités ici, dispose d'une allégation autorisée liée au collagène et à la peau, et elle ne remplace ni les soins ni la protection solaire.

Sources

  • ANSM, « Injections d'acide hyaluronique à visée esthétique : seuls les médecins peuvent les réaliser », 11 juillet 2022.
  • Société française de dermatologie, « Fiche d'information : peelings chimiques superficiels ».
  • Société française de dermatologie, Dermato-Info, « Les lasers dermatologiques ».
  • Anses, « Huiles essentielles : à utiliser avec précaution ! », Vigil'Anses n° 24, décembre 2024.
  • Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires (vitamine C).

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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