Pour un problème de santé, le bon interlocuteur reste votre médecin traitant : lui seul peut poser un diagnostic. Pour des conseils sur les plantes, leurs précautions et leurs interactions avec vos médicaments, le pharmacien est un professionnel de santé formé pour vous répondre. Il n'existe pas en France de spécialité médicale « phytothérapie ».
Herboristes, naturopathes et autres conseillers en plantes peuvent partager des connaissances, mais ils ne sont pas des professionnels de santé. Voici qui fait quoi, ce que dit la loi, et les bonnes questions à poser avant de suivre un conseil.
Le médecin traitant : le point de départ
Le ministère de la Santé le rappelle : on ne met pas en place un traitement sans diagnostic, et seul un médecin peut poser le diagnostic d'une maladie. Si vous avez un symptôme qui dure, qui s'aggrave ou qui vous inquiète, c'est donc d'abord à votre médecin traitant qu'il faut en parler.
Dites-lui aussi si vous prenez des tisanes, des compléments alimentaires ou des huiles essentielles. Il en tiendra compte dans ses prescriptions. Certaines plantes interagissent avec des médicaments : le millepertuis, par exemple, peut diminuer l'efficacité des anticoagulants ou de la pilule contraceptive.
Le pharmacien : le spécialiste des plantes et des interactions
Selon le rapport du Sénat de 2018 sur l'herboristerie, les pharmaciens ont, de par leur formation, « tout en main pour conseiller sur les plantes ». Les diplômes universitaires de phyto-aromathérapie se sont d'ailleurs multipliés dans les facultés de pharmacie, passant de 1 à 13 depuis 2000.
La loi leur confie aussi un rôle particulier. Depuis 1941, la vente des plantes médicinales dans un but thérapeutique est réservée aux pharmaciens, sauf pour 148 plantes libérées en 2008 en raison de leur usage alimentaire. L'objectif est de protéger la santé : certaines plantes sont toxiques, d'autres interagissent avec des traitements.
N'hésitez pas à demander à votre pharmacien :
- si une plante ou un complément est compatible avec vos médicaments ;
- quelles précautions prendre selon votre âge, une grossesse ou une maladie chronique ;
- comment lire une étiquette et respecter la dose.
Et le « médecin phytothérapeute » ?
Certains médecins se forment aux plantes, souvent par un diplôme d'université (DU ou DIU). Mais la phytothérapie n'est pas une spécialité médicale reconnue. Le ministère de la Santé la classe parmi les pratiques non conventionnelles en santé, qui ne sont pas enseignées dans la formation initiale des professionnels de santé.
Ces diplômes d'université sont des formations complémentaires. Selon le ministère, ils ne prouvent pas à eux seuls l'efficacité ni l'innocuité d'une technique. Un médecin ne peut d'ailleurs afficher sur sa plaque que les titres figurant sur les listes de l'Ordre des médecins. Vous pouvez vérifier l'inscription de tout médecin sur le site de l'Ordre.
Herboriste et naturopathe : ce qu'ils peuvent et ne peuvent pas faire
Les herboristes ont eu un statut en France de 1803 à 1941. Depuis la suppression du métier en 1941, il n'existe plus de cadre d'exercice officiel pour les herboristes. Des écoles privées forment aujourd'hui des herboristes de comptoir ou des paysans-herboristes, mais leur métier n'est pas encadré comme une profession de santé.
Le Sénat souligne que les herboristes ne peuvent pas accompagner la vente des 148 plantes libérées d'informations écrites ou orales sur leur usage thérapeutique. La naturopathie, elle, fait partie des pratiques non conventionnelles citées par le ministère de la Santé. Ni l'herboriste ni le naturopathe ne peuvent établir un diagnostic ou traiter une maladie : ce serait un exercice illégal de la médecine.
Leurs conseils peuvent porter sur le bien-être, l'alimentation ou l'usage traditionnel des plantes. Ils ne doivent jamais vous conduire à arrêter ou à retarder un traitement prescrit.
Quelles questions poser avant de suivre un conseil ?
Le ministère de la Santé propose une liste de questions à se poser avant de recourir à une pratique non conventionnelle. Elles valent pour tout conseil sur les plantes, d'où qu'il vienne, et permettent de prendre une décision éclairée plutôt que de se fier à une promesse.
- Qui a posé le diagnostic de mon problème de santé ?
- Quelles sont les qualifications de la personne que je consulte ? Est-elle inscrite au registre des professionnels de santé ?
- Existe-t-il des preuves d'efficacité pour ce qu'on me propose ?
- Me demande-t-on d'arrêter mon traitement ? Cela risque-t-il de retarder des soins ?
- Quels sont les risques et les effets indésirables possibles ?
- Combien cela va-t-il coûter, et puis-je avoir un devis ?
Si l'on vous tient un discours qui dénigre la médecine, ou si l'on vous demande des sommes importantes, méfiez-vous. Et en cas d'aggravation de votre état, consultez votre médecin traitant ou un service d'urgence.
FAQ
Existe-t-il un médecin spécialiste en phytothérapie ?
Non, ce n'est pas une spécialité médicale. Des médecins suivent des diplômes d'université en phytothérapie, qui sont des formations complémentaires et ne créent pas de spécialité reconnue.
Le métier d'herboriste est-il reconnu ?
Non. Le statut d'herboriste a été supprimé en 1941. Il n'existe pas aujourd'hui de cadre d'exercice officiel, même si des écoles privées proposent des formations.
Mon pharmacien peut-il me conseiller sur les plantes ?
Oui. Il est formé aux plantes médicinales et aux interactions avec les médicaments. C'est le bon réflexe avant de prendre une tisane ou un complément si vous suivez un traitement.
Un naturopathe peut-il remplacer mon médecin ?
Non. Seul un médecin peut poser un diagnostic et traiter une maladie. Ne remplacez jamais un traitement prescrit par un conseil non médical.
Sources
- Sénat, mission d'information sur le développement de l'herboristerie et des plantes médicinales, « Les plantes médicinales et l'herboristerie : à la croisée de savoirs ancestraux et d'enjeux d'avenir », note de synthèse, 26 septembre 2018.
- Ministère de la Santé, « Les pratiques non conventionnelles en santé », mise à jour du 30 juin 2026.
- Manuels MSD pour le grand public, « Quelques interactions médicamenteuses avec le millepertuis ».
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.