La klamath, souvent appelée AFA, est une petite « algue bleue-verte » récoltée dans un lac de l'Oregon, aux États-Unis. En réalité, ce n'est pas une algue mais une cyanobactérie, comme la spiruline. Séchée et réduite en poudre, elle est vendue comme complément alimentaire depuis de nombreuses années.
On lui prête volontiers de nombreuses vertus. Ce que l'on sait avec certitude est plus modeste : aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe pour la klamath, et sa qualité dépend beaucoup de la façon dont elle est récoltée et contrôlée. Voici l'essentiel pour la connaître et bien la choisir.
Qu'est-ce que la klamath ?
La klamath porte le nom scientifique d'Aphanizomenon flos-aquae, d'où l'abréviation AFA. C'est une cyanobactérie d'eau douce : un micro-organisme qui, comme les plantes, utilise la lumière du soleil pour se développer. On la surnomme « algue bleue-verte » en raison de sa couleur.
Cette teinte vient en partie d'un pigment bleu, la phycocyanine. Selon une étude publiée en 2025, il peut représenter jusqu'à 10 % du poids sec de la klamath. La phycocyanine est aussi présente dans la spiruline.
D'où vient la klamath et comment est-elle récoltée ?
La klamath vendue en complément provient en grande partie du lac Upper Klamath, dans le sud de l'Oregon. Elle y prolifère naturellement en grande quantité. Elle n'est donc pas cultivée en bassin : elle est récoltée directement dans son milieu naturel, puis séchée.
Ce mode de récolte a une conséquence importante. Dans ce même lac se développe aussi une autre cyanobactérie, Microcystis aeruginosa, qui produit des toxines. Les deux espèces vivent côte à côte, et la seconde peut être récoltée sans le vouloir avec la première. C'est pourquoi la question de la pureté est centrale pour la klamath.
Que contient la klamath ?
Comme les autres cyanobactéries utilisées en alimentation, la klamath est appréciée pour ses protéines et ses pigments, dont la phycocyanine et la chlorophylle. Elle est souvent présentée comme une source de vitamine B12, un point qui mérite d'être nuancé, car la forme présente n'est pas celle dont le corps a besoin.
Des chercheurs ont analysé la vitamine B12 de la klamath en 2006. Avec une première méthode de dosage, les chiffres semblaient élevés. Mais avec une méthode qui ne détecte que la forme utilisable par l'être humain, on ne retrouvait qu'environ 5 % de cette quantité. Le composé principal était de la pseudo-vitamine B12, inactive chez l'être humain.
Les chercheurs concluent que la klamath n'est pas adaptée comme source de vitamine B12, en particulier pour les personnes qui ne mangent aucun produit animal. Si c'est votre cas, parlez de la vitamine B12 à votre médecin ou à votre pharmacien.
Que dit la recherche sur la klamath ?
Les produits à base d'algues bleues-vertes sont consommés aux États-Unis, au Canada et en Europe pour des effets qu'on leur prête, comme plus d'énergie ou une meilleure humeur. Il s'agit d'effets supposés : les autorités européennes n'en ont reconnu aucun.
Une partie des travaux récents porte sur la phycocyanine extraite de la klamath. Une étude publiée en 2025, par exemple, l'a testée sur des cellules en laboratoire. Ce type de résultat ne permet pas de conclure à un effet chez une personne qui consomme de la poudre de klamath.
Aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe pour la klamath. Elle peut compléter une alimentation variée, mais ne remplace ni un repas équilibré, ni un mode de vie sain.
Pourquoi la pureté de la klamath est-elle si importante ?
Les microcystines, produites par Microcystis aeruginosa, sont des toxines qui s'attaquent surtout au foie. L'Organisation mondiale de la santé a fixé leur dose journalière tolérable à 0,04 microgramme par kilo de poids corporel. Or plusieurs analyses ont retrouvé ces toxines dans des compléments de klamath, parfois en quantité préoccupante.
- Aux États-Unis, après une forte prolifération de Microcystis dans le lac en 1996, les autorités de l'Oregon ont fixé une limite de 1 microgramme de microcystines par gramme de produit. Sur 87 échantillons testés, 85 contenaient des microcystines, et 63 dépassaient cette limite.
- En France, la réglementation impose aux compléments contenant de la klamath de contenir moins de 1 microgramme de microcystines par gramme. Dans un avis de 2017, l'Anses signale des contaminations allant jusqu'à 18 microgrammes par gramme dans ce type de produits, et estime que cette limite doit être réévaluée.
La leçon est simple : la klamath n'est pas un produit à acheter n'importe où. Pour la spiruline, l'Anses recommande de privilégier les circuits les mieux contrôlés : produit conforme à la réglementation française, traçable, avec un fabricant identifié. Ce conseil vaut encore davantage pour la klamath.
Comment consommer la klamath, et avec quelles précautions ?
La klamath se présente le plus souvent en poudre ou en gélules. Quelle que soit la forme choisie, respectez toujours la dose indiquée sur l'étiquette et ne la dépassez pas. Vérifiez aussi que le produit est vendu par un fabricant identifié, avec une origine et des contrôles clairement indiqués.
Il n'existe pas d'avis officiel propre à la klamath sur les personnes à qui elle est déconseillée. Pour la spiruline, une cyanobactérie proche, l'Anses déconseille les compléments aux personnes suivantes. Par prudence, ces conseils valent aussi pour la klamath :
- les personnes atteintes de phénylcétonurie, car ces produits riches en protéines apportent de la phénylalanine ;
- les personnes ayant un terrain allergique ;
- les personnes ayant une fragilité des muscles ou du foie.
Pendant la grossesse, l'allaitement, chez l'enfant, ou si vous suivez un traitement médical, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d'en prendre.
FAQ
La klamath est-elle une algue ?
Pas au sens strict. La klamath, ou Aphanizomenon flos-aquae, est une cyanobactérie, comme la spiruline. On la surnomme « algue bleue-verte » à cause de sa couleur et parce qu'elle vit dans l'eau.
La klamath apporte-t-elle de la vitamine B12 ?
Très peu sous une forme utile. Une étude de 2006 a montré que la B12 de la klamath est surtout de la pseudo-vitamine B12, inactive chez l'être humain. Elle n'est pas une source adaptée, notamment pour les végétaliens.
Qu'est-ce que les microcystines ?
Ce sont des toxines produites par une autre cyanobactérie qui pousse dans le même lac que la klamath. Elles peuvent contaminer la récolte. En France, les compléments de klamath doivent en contenir moins de 1 microgramme par gramme.
La klamath a-t-elle des effets reconnus sur la santé ?
Non. Aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe pour la klamath. Les effets qu'on lui prête, sur l'énergie ou l'humeur, n'ont pas été reconnus par les autorités européennes.
Sources
- Anses, « Avis relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant de la spiruline », saisine n° 2014-SA-0096, 2017.
- Gilroy D.J., Kauffman K.W., Hall R.A. et al., « Assessing potential health risks from microcystin toxins in blue-green algae dietary supplements », Environmental Health Perspectives, 2000, 108(5), p. 435-439.
- Miyamoto E., Tanioka Y., Nakao T. et al., « Purification and characterization of a corrinoid-compound in an edible cyanobacterium Aphanizomenon flos-aquae as a nutritional supplementary food », Journal of Agricultural and Food Chemistry, 2006, 54(25), p. 9604-9607.
- Águila-Carricondo P., García-García R., de la Roche J.P. et al., « Aphanizomenon flos-aquae: A Biorefinery for Health and Energy », Marine Drugs, 2025, 23(6), 225.
- Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.