Une cure « détox » repose sur l'idée que le corps accumulerait des toxines qu'il faudrait éliminer par un régime, des jus ou des plantes. Or l'organisme dispose déjà de ses propres voies d'élimination : le foie, les reins, les intestins, les poumons et la peau. Les études sur les cures détox sont rares et fragiles, et aucune ne prouve qu'elles éliminent mieux ces déchets.

Certaines plantes de printemps, comme le pissenlit, l'ortie ou le romarin, ont en revanche un usage traditionnel reconnu par l'Agence européenne du médicament. Voici ce que l'on sait, ce qui relève de la tradition, et les précautions à connaître.

Que veut dire « détox » ?

Le mot « détox » est surtout un terme commercial. Il désigne des régimes, des jus ou des compléments censés débarrasser le corps de ses toxines. Le « drainage » en est une variante : il s'agirait d'aider les organes d'élimination à évacuer ces déchets, souvent au printemps.

Ce qu'il faut garder en tête :

  • Le corps fait déjà ce travail en permanence : le foie transforme de nombreuses substances, et les reins les éliminent dans les urines.
  • Les promesses sont presque toujours les mêmes : éliminer des toxines et faire perdre du poids.
  • Les méthodes sont très variées : jeûne, jus, régimes restrictifs, plantes ou compléments.

Que dit la recherche sur les cures détox ?

Peu de choses solides. En 2015, une revue scientifique a examiné les régimes détox : elle a relevé très peu de données cliniques en leur faveur. Les quelques études disponibles comportaient des défauts de méthode et portaient sur de petits groupes de personnes.

  • Aucun essai contrôlé n'avait évalué les cures détox commerciales chez l'être humain.
  • Quelques aliments ont montré des pistes, mais surtout chez l'animal.
  • Les auteurs appellent à mieux informer les consommateurs sur les bénéfices et les risques de ces programmes.

Les cures qui reposent sur des restrictions fortes ne sont pas sans risque. L'Anses a montré en 2010 que les régimes suivis sans avis médical peuvent avoir des effets néfastes, notamment sur les os, le cœur et les reins. Après 70 ans, toute restriction doit aussi tenir compte du risque de dénutrition, sur lequel alerte la Haute Autorité de santé.

Quelles plantes sont traditionnellement utilisées au printemps ?

Plusieurs plantes sont associées aux cures de printemps. Pour certaines, le comité des plantes de l'Agence européenne du médicament (HMPC) a rédigé des monographies. Il y reconnaît un usage traditionnel pour des médicaments à base de plantes, fondé sur l'ancienneté de leur emploi et non sur des essais cliniques.

  • Le pissenlit (racine et parties aériennes) : usage traditionnel pour soulager les petits troubles digestifs, comme la sensation de lourdeur, les ballonnements ou la digestion lente, et pour augmenter la quantité d'urine.
  • L'ortie (feuilles) : usage traditionnel pour augmenter la quantité d'urine, en complément d'une bonne hydratation.
  • Le romarin (feuilles) : usage traditionnel pour soulager les petits inconforts digestifs, comme les digestions difficiles et les spasmes légers.

Pour les compléments alimentaires et les tisanes vendus comme aliments, aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe pour ces plantes. Elles peuvent accompagner une routine de printemps, sans promesse d'effet.

Quelles précautions avant une cure de plantes ?

Les monographies européennes précisent aussi les situations où ces plantes sont déconseillées. Elles rappellent que l'usage traditionnel ne dispense pas de prudence, surtout chez les personnes qui suivent un traitement ou qui ont un problème de santé.

  • Enfants de moins de 12 ans : ces plantes ne sont pas recommandées, faute de données suffisantes.
  • Grossesse et allaitement : leur usage n'est pas recommandé.
  • Ortie et pissenlit : à éviter lorsqu'un médecin a recommandé de limiter les boissons, par exemple en cas de maladie grave du cœur ou des reins. Buvez suffisamment pendant leur usage.
  • Pissenlit et romarin : déconseillés en cas de calculs ou d'obstruction des voies biliaires, ou de maladie du foie. Le pissenlit est aussi déconseillé en cas d'allergie aux plantes de la famille des Astéracées, comme la camomille.
  • Durée : si les troubles persistent au-delà de deux semaines, consultez un médecin.

Si vous suivez un traitement ou avez une maladie chronique, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien. Un complément alimentaire ne remplace pas une alimentation variée et équilibrée, ni un mode de vie sain.

Quelles habitudes aident vraiment l'organisme ?

Plutôt qu'une cure, ce sont les habitudes de tous les jours qui soutiennent le corps. L'Anses rappelle l'importance d'une alimentation équilibrée et variée, associée à une activité physique régulière. Rien de spectaculaire, mais c'est ce qui compte sur la durée.

  • Buvez de l'eau régulièrement au cours de la journée.
  • Mangez varié, avec des légumes, des fruits et des céréales complètes, sans sauter de repas.
  • Bougez chaque jour, par exemple en marchant.
  • Limitez l'alcool et le tabac.
  • Profitez des produits de saison, et pourquoi pas d'une tisane après le repas.

FAQ

Les cures détox éliminent-elles les toxines ?

Aucune preuve solide ne le montre. Une revue scientifique de 2015 relevait très peu de données cliniques, et aucun essai contrôlé chez l'humain sur les cures commerciales. Le foie et les reins font ce travail en permanence.

Le pissenlit est-il bon pour le foie ?

Aucune allégation de santé n'est autorisée pour le pissenlit. L'Agence européenne du médicament reconnaît un usage traditionnel pour les petits troubles digestifs, mais le déconseille en cas de maladie du foie ou des voies biliaires.

Combien de temps peut durer une cure de plantes ?

Les monographies européennes recommandent de consulter un médecin si les troubles persistent au-delà de deux semaines. Pour l'ortie, elles prévoient une durée limitée à quelques semaines selon l'usage.

Faut-il jeûner pour se « détoxifier » ?

Rien ne le justifie : les cures détox n'ont pas fait la preuve de leur efficacité, et après 70 ans, la Haute Autorité de santé alerte sur le risque de dénutrition. Lisez notre article Monodiète et jeûne intermittent : différences, limites et précautions.

Sources

  • Klein A.V., Kiat H., « Detox diets for toxin elimination and weight management: a critical review of the evidence », Journal of Human Nutrition and Dietetics, 2015, 28(6), p. 675-686.
  • Agence européenne du médicament (EMA), HMPC, « Community herbal monograph on Taraxacum officinale Weber ex Wigg., radix cum herba ».
  • Agence européenne du médicament (EMA), HMPC, « Community herbal monograph on Urtica dioica L., Urtica urens L., folium ».
  • Agence européenne du médicament (EMA), HMPC, « Rosmarini folium », résumé d'évaluation, révision 2024.
  • Anses, « Régimes amaigrissants : des pratiques à risque », 2010.
  • Haute Autorité de santé, « Diagnostiquer plus précocement la dénutrition chez la personne âgée de 70 ans et plus », 2021.

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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