Les huiles essentielles sont très présentes dans les soins de beauté, mais elles ne sont pas anodines pour la peau. Ce sont des mélanges concentrés de substances chimiques d'origine naturelle, dont certaines peuvent irriter la peau ou provoquer des allergies. Vendues librement, elles n'ont pas le droit de revendiquer un effet thérapeutique.

Avant de les intégrer à votre routine, l'Anses recommande de demander conseil à un professionnel de santé. Elle les déconseille aux enfants et aux femmes enceintes. Voici ce qu'il faut savoir pour les utiliser avec prudence, ou choisir de s'en passer.

Qu'est-ce qu'une huile essentielle ?

Une huile essentielle est un mélange complexe de substances extraites d'une plante, le plus souvent par distillation à la vapeur d'eau. Sa composition varie selon le genre, l'espèce et la sous-espèce de la plante, la partie utilisée, le climat, le lieu et la période de récolte.

Selon l'Anses, il est difficile de connaître la composition exacte d'une huile essentielle vendue dans le commerce. Les centres antipoison ont par exemple identifié un flacon « d'huile essentielle de citronnelle » qui mélangeait en réalité quatre citronnelles différentes. Beaucoup de produits dits « à l'huile essentielle » contiennent aussi d'autres ingrédients, parfois à plus de 50 %.

Que peut-on en attendre pour la peau ?

Pas de promesse de soin. Les huiles essentielles vendues librement ne doivent revendiquer aucune allégation thérapeutique, car leur composition n'est pas garantie au regard d'un effet sur la santé. Elles ne peuvent donc pas être présentées comme un remède à un problème de peau.

Une huile essentielle ne peut pas non plus être vendue sans usage précis : cosmétique, arôme alimentaire, complément alimentaire. C'est cet usage, indiqué par le fabricant, qui fixe la réglementation et les précautions d'emploi qui doivent accompagner le produit. Lisez-les avant tout usage.

Si un bouton, une rougeur, une sécheresse ou une démangeaison persiste ou s'étend, parlez-en à votre médecin ou à votre pharmacien plutôt que d'essayer des huiles les unes après les autres.

Quels risques pour la peau ?

Certaines substances présentes dans les huiles essentielles sont classées par les industriels comme irritantes pour la peau ou sensibilisantes, c'est-à-dire capables de provoquer une allergie. L'Anses estime que le consommateur devrait être averti du risque de dermatite en cas d'application sur la peau.

Autre piège : une même substance peut se retrouver dans plusieurs huiles. C'est le cas du camphre, présent dans la lavande et le lavandin. Associer plusieurs huiles qui le contiennent augmente le risque de surdosage, surtout chez les enfants.

Quinze huiles essentielles, dont celles de sauge officinale, d'hysope et de thuya, ne peuvent être vendues qu'en pharmacie, en raison de propriétés neurotoxiques, irritantes, phototoxiques ou cancérogènes.

Comment les utiliser avec prudence ?

Si vous choisissez d'en utiliser, quelques règles, tirées des recommandations de l'Anses et de la DGCCRF, limitent les risques. La première est de demander conseil à un professionnel de santé avant tout usage.

  • Vérifiez le nom latin complet de la plante sur le flacon : genre, espèce et, si possible, sous-espèce.
  • N'appliquez jamais d'huile essentielle pure sur les muqueuses (intérieur de la bouche ou du nez, yeux).
  • Lavez-vous soigneusement les mains après une application sur la peau ou un massage.
  • N'associez pas plusieurs huiles qui contiennent la même substance.
  • Conservez les huiles d'arbre à thé, de niaouli et de cajeput au frais et à l'abri de la lumière, pour éviter la formation d'une substance toxique.
  • Rangez les flacons hors de portée des enfants, et jamais à côté des produits de soin des bébés, comme la vitamine D : les confusions sont fréquentes.

En cas d'exposition accidentelle ou de surdosage, appelez un centre antipoison, l'étiquette du produit à portée de main.

Qui doit éviter les huiles essentielles ?

Certaines personnes sont plus exposées aux effets indésirables. L'Anses déconseille les huiles essentielles aux enfants et aux femmes enceintes, notamment parce qu'elles peuvent contenir des substances toxiques pour le système nerveux ou pour l'embryon et le fœtus.

  • Les huiles d'arbre à thé, de niaouli et de cajeput sont déconseillées aux enfants et aux femmes enceintes ou qui allaitent.
  • L'huile essentielle de gaulthérie, très riche en dérivés proches de l'aspirine, est contre-indiquée en cas d'allergie à l'aspirine et de traitement anticoagulant.
  • Si vous avez une peau réactive, de l'eczéma, un traitement en cours ou une maladie chronique, demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Et la peau, côté assiette ?

Une peau en bon état dépend aussi de ce que l'on mange. Parmi les nutriments, le zinc dispose d'une allégation autorisée en Europe : le zinc contribue au maintien d'une peau normale. Il contribue aussi au maintien de cheveux et d'ongles normaux.

L'Anses rappelle qu'en l'absence de maladie, une alimentation variée et équilibrée couvre en général les besoins. Un complément peut intéresser les personnes dont l'alimentation est peu variée, de préférence après avis d'un professionnel de santé.

FAQ

Peut-on mettre une huile essentielle directement sur un bouton ?

Ce n'est pas recommandé sans avis. Une huile essentielle pure peut irriter la peau, et aucune n'a le droit d'être présentée comme un soin. Si un bouton persiste, parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin.

Les huiles essentielles sont-elles sans danger parce qu'elles sont naturelles ?

Non. Elles contiennent des substances qui peuvent être irritantes, allergisantes ou toxiques. Les appels aux centres antipoison liés aux huiles essentielles sont passés de 1 926 en 2011 à 3 752 en 2021.

Peut-on utiliser des huiles essentielles pendant la grossesse ?

L'Anses les déconseille aux femmes enceintes. Demandez toujours l'avis de votre médecin ou de votre sage-femme.

Comment savoir ce que contient vraiment un flacon ?

C'est difficile, selon l'Anses. Vérifiez au minimum le nom latin complet, la partie de la plante et les autres ingrédients, et achetez auprès de circuits fiables.

Sources

  • Anses, « Huiles essentielles : à utiliser avec précaution ! », Vigil'Anses n° 24, décembre 2024.
  • Anses, « Huiles essentielles : risques et précautions », 2024.
  • ANSM, « Médicaments à base de plantes et huiles essentielles ».
  • Anses, « Les compléments alimentaires, nécessité d'une consommation éclairée », mis à jour en 2026.
  • Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires.

Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.

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