Le boswellia, ou arbre à encens, est surtout connu pour sa résine, l'oliban, employée dans les formules traditionnelles de la médecine ayurvédique. Aujourd'hui, on la trouve en compléments alimentaires, sous forme d'extraits riches en acides boswelliques. Mais aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe pour cette plante.
Les études sont nombreuses, mais de qualité souvent faible. Voici ce qu'est le boswellia, ce que la recherche permet de dire honnêtement, et surtout les précautions à connaître, notamment si vous prenez un traitement qui fluidifie le sang.
Qu'est-ce que le boswellia ?
Le boswellia désigne plusieurs arbres de la famille des Burséracées, qui donnent une gomme-résine appelée encens ou oliban. L'espèce la plus utilisée en compléments est Boswellia serrata, et c'est surtout elle qui a été étudiée. Seule sa gomme-résine, et non ses feuilles ou son écorce, figure dans la liste française des parties de plantes autorisées.
D'autres espèces, comme Boswellia sacra, donnent aussi de l'encens. Quand vous lisez une étiquette, le nom latin de l'espèce et la partie utilisée sont donc les premières informations à vérifier.
Que contient sa résine ?
Les composés les plus étudiés de la résine sont les acides boswelliques, des molécules de la famille des triterpènes. Selon l'Anses, les principaux sont l'acide 11-céto-β-boswellique et son dérivé acétylé, souvent abrégé en AKBA. C'est à ces acides que l'Anses attribue l'essentiel de l'activité étudiée de la résine.
L'arrêté français qui liste les plantes autorisées classe justement les acides boswelliques parmi les « substances à surveiller » : le fabricant doit documenter leur concentration dans les préparations qu'il utilise. C'est une façon de rappeler que ces composés sont actifs et que leur quantité compte.
Que disent les études ?
L'Anses a fait le point en 2020 sur les plantes réputées agir sur l'inflammation. Pour le boswellia, elle relève des essais cliniques nombreux et globalement positifs face au placebo, mais de faible qualité : peu de participants, des doses très différentes d'une étude à l'autre et des résultats disparates.
La plupart des travaux ont porté sur le confort des articulations, et quelques-uns sur la digestion, la respiration ou la peau. Le Memorial Sloan Kettering Cancer Center, qui suit la littérature scientifique, conclut lui aussi que des essais plus grands sont nécessaires pour confirmer ces effets.
Comme le note l'Anses, la plante n'est pas répertoriée par l'Agence européenne du médicament pour un emploi dans des médicaments à base de plantes. Et aucune allégation de santé n'est autorisée pour cette plante dans les compléments alimentaires : un produit ne peut pas promettre de « soulager » ou d'« apaiser » quoi que ce soit.
Quelles précautions avant d'en prendre ?
Le boswellia n'est pas anodin. Le Memorial Sloan Kettering Cancer Center signale que ses extraits peuvent freiner l'agrégation des plaquettes et donc augmenter le risque de saignement chez les personnes sous anticoagulant. Des réactions allergiques de la peau ont aussi été rapportées.
Demandez l'avis de votre médecin ou de votre pharmacien avant d'en prendre :
- si vous prenez un anticoagulant ou un antiagrégant plaquettaire ;
- si vous suivez un traitement au long cours ou avez une maladie inflammatoire chronique ;
- si vous êtes enceinte ou allaitez ;
- si vous prenez déjà un autre complément pour les articulations.
L'Anses conseille en effet de ne pas multiplier les produits contenant des plantes qui agissent sur l'inflammation, car les apports et les effets s'additionnent. Elle rappelle aussi que l'inflammation est un processus naturel de défense : quand elle n'est pas excessive, il n'y a pas lieu de la combattre.
Comment le choisir et l'utiliser ?
Le boswellia se présente surtout en gélules ou en poudre d'extrait sec. Le Memorial Sloan Kettering Cancer Center note que ces compléments peuvent en contenir bien plus que les formules ayurvédiques traditionnelles. Pour un complément, fiez-vous à l'étiquette : elle doit indiquer la quantité d'extrait par jour et sa teneur en acides boswelliques. Respectez toujours la dose indiquée.
Quelques repères utiles :
- vérifiez le nom latin de l'espèce, Boswellia serrata, et la partie utilisée, la gomme-résine ;
- comparez les produits sur la quantité d'acides boswelliques par jour, pas seulement sur le poids d'extrait ;
- méfiez-vous des promesses de soulagement ou de guérison : elles ne sont pas autorisées.
Si une douleur articulaire dure, gêne vos gestes du quotidien ou s'accompagne d'un gonflement, parlez-en à votre médecin avant de chercher une solution en complément. Un avis médical permet d'en trouver la cause.
FAQ
Boswellia et encens, est-ce la même chose ?
Oui. L'encens, ou oliban, est la gomme-résine de plusieurs espèces de boswellia. Les compléments utilisent surtout celle de Boswellia serrata, sous forme d'extrait.
Le boswellia est-il autorisé en France ?
Oui. La gomme-résine de Boswellia serrata figure dans la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires, avec les acides boswelliques comme substances à surveiller.
Peut-on prendre du boswellia avec un anticoagulant ?
Pas sans avis médical. Ses extraits peuvent freiner l'agrégation des plaquettes et augmenter le risque de saignement.
Le boswellia a-t-il des effets reconnus ?
Non. Les études sont nombreuses mais de faible qualité, et aucune allégation de santé n'est autorisée en Europe pour cette plante.
Sources
- Anses, avis n° 2020-SA-0045 relatif aux risques liés à la consommation de compléments alimentaires contenant des plantes pouvant interférer avec la réponse immunitaire et inflammatoire, 10 avril 2020.
- Memorial Sloan Kettering Cancer Center, « Boswellia », fiche Integrative Medicine, mise à jour du 3 septembre 2026.
- Arrêté du 24 juin 2014 établissant la liste des plantes, autres que les champignons, autorisées dans les compléments alimentaires, version consolidée au 15 janvier 2016.
- Règlement (UE) n° 432/2012 de la Commission établissant une liste des allégations de santé autorisées portant sur les denrées alimentaires.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un professionnel de santé.